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Fév 26

Choisir, c’est mourir un peu !

Décideur

Décideur

Choisir, c’est mourir un peu ai-je entendu plusieurs fois. Tous, nous avons parfois à faire des choix difficiles. En même temps, quand « on n’a pas le choix », çà veut dire qu’on est dans de grandes difficultés. Dans les journaux sérieux, nous voyons des décideurs interviewés, écoutés comme des messies, voire plus. Et chacun rêve d’être un décideur, une personne qui à longueur de journée fait des choix cornéliens, sur son téléphone portable, au volant de sa Porsche qui se moque des radars et autres maréchaussée.

Personnellement, je ne suis pas un décideur. J’irai pas mentir en disant que je n’ai pas essayé. Je n’ai pas arrêté d’essayer de devenir un décideur, un grand décideur, mais comme beaucoup, je prends mon métro tous les jours, déguisé en cadre élevé, et je fais souvent un travail où il n’y a pas mal de contraintes, pas mal d’allégeances à faire, pas mal de routine et parfois un peu de décisions presque personnelles à prendre.

C’est peut-être pour çà que je ne suis pas décideur, mais comme nous tous, à chaque moment presque, nous sommes à un carrefour de notre vie. Nous devons choisir notre route, et nous n’avons pas tous les éléments en mains. Choisir est bien le mot, avec son lot d’arbitraire dans notre décision. Nous sommes dans la solitude du décideur. Des conseilleurs existent toujours, mais nous sommes les seuls payeurs.

Exemple simpliste de décision :

  • acheter un produit merdique très bon marché ou un produit de qualité si cher ?
  • choisir la solution A et abandonner la solution B, alors qu’on ne sait pas si la solution A va surement réussir ?

Dans ces deux genres de cas, nous voyons bien qu’il nous faudrait approfondir un peu. Par exemple, le surplus de prix du produit de qualité vaut-il bien son sur-coût ? Quel est alors le critère qui nous permettra de quantifier la qualité du produit ? Qualité qui par définition n’est justement pas une quantité quantifiable. Pardon pour le pléonasme. Cela nous oblige à trouver, à inventer un critère chiffrable de qualité. A combien chiffreriez vous la qualité d’une Rolls Royce et celle d’une Ferrari ?

Dans les deuxième cas, si je choisis la solution A, et que j’abandonne la solution B, et que au bout du compte la solution A foire, eh bien je me retrouver comme Perette. « Adieu veaux vaches cochons et même lait ! ». Cela signifie que je suis obligé dans un premier temps de choisir simultanément la solution A et B, et d’attendre que les choses s’éclaircissent. Suis-je assuré que A va réussir ? Comment faire pour l’assurer ? Suis-je à un moment donné certain que A ne peut pas réussir ? Dans ce cas, je me rabattrai sur la solution B, que j’aurais bien pris soin de ne pas abandonner en attendant d’y voir clair.

Conclusion, il faut garder les deux fers au chaud, jusqu’à ce que l’on y voie clair.

Parfois le manque de moyens, de ressources empêche de garder les deux fers au chaud. Dans ce cas, l’on est bel et bien obligé de choisir. Cela peut être un vrai dilemme. Et il ne faut pas hésiter éternellement. Parfois, on appelle çà un choix « politique ». En fait il s’agit d’un pari. Un pari fait en fonction de son sentiment du moment, c’est à dire une estimation intuitive, donc non clairement cartésienne de la situation. Ce choix comporte bien entendu un gros risque, de décider sans visibilité suffisante et de se découvrir au delà du virage sans visibilité que l’on a fait le mauvais pari. Tragique !

Ce qui est grave dans la prise de décision, dans la prise d’une mauvaise décision,  c’est de perdre et le beurre, et l’argent du beurre et de découvrir que la fermière est déjà partie !

Que faire alors ?

  • Savoir ce que l’on veut de façon générale, et le savoir de la façon la moins générale au possible. En d’autres mots, quels sont ses propres objectifs de vie, se objectifs un peu plus concrets que çà. Bref, ses objectifs politiques personnels.
  • Se donner des critères quantifiables, donc chiffrables ou intangibles, qui peuvent recevoir une réponse affirmative ou négative. Ces critères s’appliqueront pour décider en cas de besoin de choisir.
  • Ne rien décider si les choix qui nous est donné ne peut pas se faire avec les critères ci-dessus. En effet, soit que en réalité, cela ne nous concerne pas, ce n’est qu’un évènement parasite ou alors il nous faut réfléchir à nos objectifs et à nos critères si le choix doit être réellement fait. Par exemple, il m’est totalement inutile de décider s’il faut prendre comme président de la Corée du Nord, Kim Jong Ill, ou Kim Ill Song. Pour vous aussi j’imagine.
  • Enfin, ne pas hésiter, ne pas se tétaniser si deux solutions sont au coude à coude. Elles sont justement aussi bonne et aussi mauvaises l’une que l’autre. Donnez vous une date et heure limite pour choisir entre acheter une Clio vert clair ou bleu clair. Jouez à pile ou face si vraiment vous ne savez pas quoi faire !

 




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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