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Fév 04

Le « cloud computing », c’est tout bénéf ?

Nuage

Nuage

Le cloud computing, ou informatique dans le nuage fait son grand cyclone aujourd’hui. En effet, personne ne peut échapper à cette déferlante actuelle. Tant les grandes entreprises que les entreprises individuelles. Et peut être même les particuliers.

Les grandes entreprises savent de quoi il s’agit. Elles ont le choix, en hésitant beaucoup entre les clouds publics et les clouds privés. Bien entendu, les notions sont très larges. En effet, il y a le SaaS, ou encore le software as a service. Pour résumer, il s’agit d’avoir des applications en ligne, qui vont traiter des données pour en donner des résultats. En général, ces applications ont l’air d’être gratuites, ou sont utilisables moyennant un abonnement dérisoire.

Voici quelques exemples, que nous connaissons tous, et que nous utilisons depuis longtemps sans le savoir.

Les recherches Google sont une applications en Saas. En effet, le programme qui nous paraît si léger et convivial de Google est en réalité un gros morceau vu du côté de Google. Nous posons une question, qui se résume à « quels sont les sites internet qui parlent de tel ou tel sujet ? ».  Google traite cette question, que nous appelons tous maintenant une requête, terme très informatique bien rentré dans le langage courant. Et Google nous donne la réponse en nous proposant selon le cas, une dizaine de sites, ou plutôt de pages, jusqu’à quelques centaines, voire des milliers. Pour faire çà, Google a fait il y a quelque temps le pari fou de visiter toutes les pages internet du monde. Il y en a des milliards je pense. Puis de les classer, afin de pouvoir répondre aux questions que nous allons poser dans le moteur de recherche. Et puis voilà !

Sauf que tout çà a coûté à Google. En ordinateurs, en programmes informatiques, et surtout en stockage de données. Et pour nous c’est gratuit. Comment fait Google ? Eh bien, bien entendu, il nous propose des pages sponsorisées. Des pages, peut-être pas si pertinentes que çà mais dont les propriétaires ont payé pour qu’elles apparaissent dans les pages de résultats des requêtes. Car les propriétaires de ces pages vont proposer de nous vendre leurs produits par l’intermédiaire de leurs pages. Cà, c’est le SaaS gratuit pour nous. Ou plutôt, nous le pensons, car les entreprises qui ont sponsorisé leurs pages s’y retrouvent quand même. L’augmentation de leurs ventes générées par les pages paye très bien ces pages sponsorisées. Ceci est un vérité statistique, c’est à dire qu’il y en a qui perdraient, et d’autres, plus nombreux qui gagneraient.

Tant qu’on est sur Google, qu’en est-il de Gmail par exemple ? Ou encore de ces autres mail gratuits que les particuliers utilisent beaucoup ? En effet, Google ou Yahoo, par exemple, nous met à disposition une messagerie gratuite, et de surcroît nous garde nos mails indéfiniment. Personnellement, j’ai chez l’un ou l’autre, ou plutôt l’un et l’autre et les autres, déjà des milliers de mails avec leurs pièces jointes de conservées. Pour moi, il est impensable de stocker ce genre de choses chez moi, sur mon disque dur, car j’aurais dû investir en disques si cela avait été le cas. Aujourd’hui, les disques de stockage ne sont pas chers, mais il y a quelques années, ce n’était pas si bon marché que çà. Et puis entre gratuit et pas cher, mon choix est vite fait quand même.

Maintenant, les choses ont encore évolué. Ils est maintenant possible pour les petites entreprises, et même les grandes d’avoir un système de comptabilité complet et sophistiqué, ou de gestion commerciale, ou de facturation pour la modique somme de 15 Euros par utilisateur. Les avantages sont nombreux. Accessibilité sans aucune limite géographique. C’est à dire que vous pouvez accéder à votre logiciel de gestion, que vous soyez à votre siège social, ou à Marseille, Ou Lille ou tout autre ville de France. Et même de Singapour. L’essentiel est d’avoir un ordinateur individuel et un accès à Internet. De plus, vous n’avez plus à gérer les montées de version des logiciels, ni a faire des sauvegardes, ni a avoir un ordinateur dédié, ni à avoir un informaticien qui va gérer le bouzin. La vie est belle n’est-ce pas ?

La vie est belle, mais deux ou trois petites choses me font quand même tiquer.

D’abord, pour nos mails personnels, en général, ce ne sera pas une vraie catastrophe si nous perdons nos mails passés. Honnêtement, je ne vais pas en faire une maladie si je perds le message que Marie-France m’a envoyé le 13 février à 15h24 2007. Non, parce-que ce qui est important pour moi, c’est ce que j’ai vécu avec elle, avant cette date, à cette date et après. Tout comme, ce que j’ai tchatté avec d’autres personnes pendant ces nombreux jours passés, ne sont en général pas importants pour moi du point de vue archivage. Mais pour une entreprise, les écritures comptables, elles sont dématérialisées ! Et surtout en fait, elles sont comme on dit, dans le nuage, mais surtout, chez un fournisseur ! Chez celui qui nous loue pour 15 euros par mois son programme par internet, ou son fournisseur d’hébergement.

Le jour où vous voudrez changer de logiciel, vous aurez quelques bonnes sueurs froides, de mauvais moments à passer. Et ne pensez pas que vous allez rester ad vitam eternam à utiliser le même logiciel de comptabilité par exemple. Tôt ou tard, vous changerez, vous le savez par expérience. Ceux qui ont utilisé des logiciels traditionnels le savent.

Et contrairement à ce que les beaux commerciaux et commerciales vous disent, il y a du boulot. Ce n’est, ni magique, ni simple !  Dans le temps, pour passer de l’ancien logiciel, parfois fait maison, et le nouveau, il fallait obligatoirement faire une « migration ». Cela signifiait, et je résume, extraire puis adapter les données de l’ancien système pour les injecter dans le nouveau système. Quoi qu’on en dise, ce genre d’opération est très très souvent comme un accouchement douloureux. Je ne vais pas rentrer dans le détail, je dirai juste que le problème n’est pas qu’informatique, c’est aussi un problème humain et organisationnel.

Deuxièmement, nous allons encore revivre les mêmes questions quand les progiciels ont gagné sur les logiciels spécifiques, faits maison. Oui, les progiciels avaient cet avantage d’avoir comparativement un très bon rapport qualité prix par rapport aux spécifiques maison. Inutile de répéter les difficultés techniques de migration, ni les problèmes humains.

Nous avons tous vécu les cas où, le logiciel de gestion commerciale adapté à notre chère et unique entreprise est d’un fournisseur différent de celui qui livre le logiciel comptable adéquat ! Sans parler de la gestion de production, ou celui des achats, ou les stocks etc… Nous tous dans nos entreprises avons participé au meccano informatique nécéssaire. Car, les saisies en double se sont révélées, non seulement dramatiquement contreproductives, mais aussi génératrices d’erreurs et d’incohérences, difficiles à détecter de surcroit. Bref, tous, nous avons intégré, avec plus ou moins de bonheur et de souffrances nos programmes informatiques.

Et c’est à partir de là, entre autres qu’est apparu la nécessité d’avoir un logiciel intégré. Intégré dès sa conception. PGI comme on le dit en Français, terme plus adapté en l’occurence ici que ERP, qui signifie Enterprise Ressource Planning. ERP, qui est d’ailleurs une extension et une généralisation du MRP, qui signifiait Manufacturing Resource Planning.

Aujourd’hui, en cette ère d’internet, du Cloud, du SaaS, de la virtualisation et de toutes ces notions, eh bien, il va nous falloir encore jouer au meccano. Car, si votre messagerie d’entreprise est chez Google (oui ils font çà pour pas cher du tout), que vous utilisez le CRM en ligne de Microsoft (çà arrive !), que vous avez HR-Access en ligne, que vous avez quelques logiciels métiers extrêmement pointus faits et installés maison, que vous gérez des amis et fans à partir de la page FaceBook de votre entreprise, et que vous venez d’hériter honnêtement d’une liste de 50.000 adresses mails valides, comment allez vous faire ?

Conclusion, le cloud, le nuage, c’est beau. Çà promet ! Mais nuages aussi, çà ne veut pas dire soucis en Français non ? Et dans les autres langues ? Eh bien, préparez vos parapluies, et regardez bien la météo, car le temps peut se gâter. Anticipez, surveillez bien l’évolution des nuages. Et à bientôt !




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

(2 commentaires)

  1. Bertrand

    Vous dites: « Maintenant, les choses ont encore évolué. Ils est maintenant possible pour les petites entreprises, (et même les grandes) d’avoir un système de comptabilité complet et sophistiqué, ou de gestion commerciale, ou de facturation pour la modique somme de 15 Euros par utilisateur ». oui, mais où s’adresser?
    Merci de votre réponse.

    1. N’ayant pas encore fait de comparatif des différentes solutions proposées sur le marché, je ne citerai aucune marque en particulier. Voici une réponse de Google sur la recherche d’une comptabilité par internet. http://www.google.fr/#hl=fr&source=hp&q=comptabilit%C3%A9+par+internet&aq=2&aqi=g10&aql=&oq=comptabilit%C3%A9+par+&fp=bf73b1b4f5771c5e

      Par ailleurs, c’est au salon des entrepreneurs qui a eu lieu en février dernier que j’ai eu ces montants là : à partir de 15 euros par utilisateur et par mois. J’ai eu l’impression lors de ce salon que tout les fournisseurs de solutions se sont alignés sur cet ordre de grandeur de prix.

      Renseignez vous sur les salons professionnels, vous ferez de très bonnes rencontres !

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