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Fév 20

Management, déléguer ou pas et comment ?

Déléguer

Déléguer

Délégation, question éternelle

La délégation, c’est un sujet qui est toujours d’actualité. Et sûrement depuis la nuit des temps, je veux dire des temps de l’homo sapiens, à tous les coups.

Je pense que par exemple, du temps des Romains, la question se posait déjà. Et aujourd’hui, les entreprises se posent souvent la question, « faire en interne ou sous-traiter ? ». Et même les entreprises individuelles assez rapidement peuvent se poser la question. Et même, en tant que particulier, nous pouvons nous poser la question. Essayons de regarder le sujet justement sur deux cas extrêmes. Le particulier et la grande multinationale.

Le particulier, un bricoleur « professionnel » !

De nos jours, un particulier change lui-même les ampoules de son logement. Il est assez rare qu’un particulier fasse appel à un « professionnel » pour des travaux chez lui. Il ne le fait que quand les travaux sont énormes et surtout nécessitent la garantie d’un « professionnel ». Souvent, la maçonnerie avec du béton armé est plutôt effectué par un professionnel.

Pourquoi ? Parce-que l’on imagine que le professionnel va faire appel à un ingénieur qui sait calculer de façon certifiée le béton. Ingénieur est un titre normalisé, la certification se faisant aussi par des organismes étatiques ou de grande renommée. Par contre, pour faire le « petit » bricolage de tous les nombreux weekends qui passent, le particulier se débrouille tout seul.

Un professionnel pour garantir

Conclusion, pour des travaux nécessitant une garantie, il est fait appel à des professionnels. Un autre exemple qui me vient à l’esprit, ce sont les chauffagistes et ramoneurs. Ce n’est pas que réviser des appareils de chauffage soit si difficile en soi, ni ramoner tous les ans sa cheminée, bien que ce soit peut-être salissant, mais ce qu’il y a surtout, c’est que l’on a besoin de la signature du professionnel pour le faire valoir auprès des assurances entre autre en cas de pépin ultérieur.

Les particuliers donc, ne font appel à des professionnels que pour des raisons principalement juridiques, et moins pour des questions de compétences. Chaque bricoleur en nous savons très bien que nous sommes largement plus compétents et habiles que ces soi-disant professionnels. N’est-ce pas ? 😉

Des produits quasiment finis

Mais n’oublions pas non plus que les magasins de bricolage nous livrent des produits de plus en plus sophistiqués et de plus en plus prêts à l’emploi. Les peintures, les colles pour faïences, les meubles à monter, tout çà c’est largement plus facile qu’il y a quelques décennies. En réalité, nous déléguons toujours autant, mais nous ne voyons plus les ouvriers qui travaillent pour nous. Nous achetons, non plus des matières premières, mais des produits semi-finis, quasiment finis même, que nous ne faisons plus que d’assembler.

Nos parents ou grands parents n’assemblaient pas les meubles comme nous faisons aujourd’hui. Ils faisaient appel à des menuisiers pour avoir des meubles qui s’adaptaient bien à leurs logements.

Les grandes entreprises balancent

Prenons maintenant le cas des grandes entreprises. Chacun se souviendra dans sa mémoire que ces entreprises, au discours toujours positifs balancent régulièrement dans le sens de la spécialisation puis de l’intégration. Pendant quelques années, ces entreprises disent « se concentrer sur leur cœur de métier » ou alors « ont décidé de faire des alliances stratégiques avec »…

Ces entreprises se concentrent sur leur cœur de métier quand elle veulent déléguer le maximum de choses. Pourquoi déléguer ? Le délégataire doit déléguer quand il pense que de cette façon, il va avoir un meilleur rapport qualité-coût que s’il le faisait en interne. La délégation à une entreprise étrangère permet de faire plus pression sur le fournisseur que si celui-ci était un service interne de sa propre entreprise.

Il y a pourtant des exigences !

Des compétences en achats

D’abord, celui qui délègue doit être capable de bien spécifier le besoin. De bien rédiger le cahier des charges de son achat. Ce n’est pas si facile que çà, et l’avantage quand il s’agit d’un service interne, les frontières sont floues ou inexistantes. Dans le cas d’un fournisseur externe, même si celui-ci vient d’être externalisé, les frontières doivent déterminées avec soin. Les compétences en achats doivent être solides pour le « client ».

Deuxièmement, le nouveau fournisseur ne doit pas non plus être tellement pressé qu’il en crève. D’ailleurs, ce fournisseur, dorénavant indépendant, peut tout à fait chercher un autre client si l’on est trop rugueux. Et qui serait l’autre client si ce n’est un concurrent de celui qui délègue ? Alors, oui, c’est un moyen de tirer sur la corde, mais il ne faut pas trop tirer sur la corde non plus !

Comme dans les livres

Enfin, dans les théories que l’on lit dans les livres, il est souvent écrit, « ne déléguez que ce que vous savez faire » ! Personnellement aussi, j’ai entendu des commerciaux dire, « laissez nous faire ce qui vous embête, les complications etc… ». En résumé, même si ce n’est pas dit comme cela, çà signifie « laissez faire les professionnels de la chose faire ce que vous ne savez pas faire ».

Il est vrai que çà peut faire du mal de donner à quelqu’un d’autre le soin de faire ce vous savez déjà faire, et en général si bien faire ! En plus, il faudra le payer ! Et puis, pourquoi faire, garder pour soi ce que l’on ne sait pas bien faire, ce qui nous embête, ce qui va au bout du compte avoir un mauvais rapport qualité coût ?

Déléguez tout ce que vous pouvez

Eh bien moi je vais dire tout de suite qu’il faut déléguer ce que l’on sait faire. Parce-que l’on saura bien tout ce que l’on délègue, ce que l’on attend du fournisseur et combien cela va lui coûter. Et l’on aura le meilleur rapport qualité coût de ce que l’on aura délégué, avec le bon périmètre en fonction des compétences que nous détecterons du fournisseur.

Et déléguer des choses que l’on ne comprend pas, que l’on ne maîtrise pas encore ne fera que nous occasionner des coûts incontrôlables, car comment pourrions nous être sûr que l’on n’est pas grugé ? Et aussi une qualité des plus aléatoires ! Car comment saurons nous que la production s’est faite de la bonne façon ?

Gagnez de nouvelles compétences

Mais n’est ce pas la quadrature du cercle que de ne pas pouvoir déléguer ce que l’on ne maîtrise pas ? Non, ce n’est pas la quadrature du cercle, il faut acquérir les compétences, les acquérir réellement, en prenant le temps qu’il faut pour avoir une progression maîtrisée. Il ne faut pas grandir plus vite que de nécessaire, au risque de devenir un géant aux pieds d’argile. Qui ne fera donc pas long feu. Et qui devra alors tout reprendre à zéro quand il se sera écroulé.

Une, non deux exceptions !

Une seule exception pour terminer ! Nous pouvons déléguer quand la concurrence fait rage entre les fournisseurs. Nous pouvons être certains que le rapport qualité prix sera des meilleurs. Par exemple, je ne sais pas comment faire un ordinateur portable, mais j’en connais à force de les entendre les principales caractéristiques de ces bêtes là, eh bien quand je vais au supermarché m’acheter une de ces babasses, je sais que je n’aurai pas trop de mauvaises surprises. Idem pour les téléphones ou tablettes aujourd’hui. La concurrence fait tellement rage entre Apple, Google et Microsoft aujourd’hui qu’acheter une tablette pourra se faire comme un jeu d’enfant dans quelques mois. Un peu de patience, nous n’y sommes pas encore vraiment !

Une deuxième exception aussi, ne pas déléguer ce qui est stratégique ! Je ne vais pas donner mes numéros de code de mes cartes bancaires sous prétexte que je sais gérer mes comptes bancaires ! Ce qui fait que quand j’aurai gagné au gros lot au loto, je n’engagerai pas de domestiques chez moi. Chez moi où je vis et dors avec ma femme et mes enfants. Même si je vois cela dans les films où il y a de très riches californiens.

Facile !?

Conclusion encore une fois. Il faut déléguer tout ce que l’on peut dès qu’on le peut, pour acquérir des compétences dans d’autres domaines connexes. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens !




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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