«

»

Mar 17

Nucléaire, catastrophe merdique et communication

Fukushima - Nucléaire Japon

Fukushima – Nucléaire Japon

Il y a quelques jours je trouvais déjà que la communication concernant l’accident, ou plutôt les accidents nucléaires au Japon laissait, c’est le moins que je puisse dire, laissait à désirer.

Un tsunami de nouvelles, mais manque d’eau de refroidissement !

Maintenant, le temps est un peu passé. Ces quelques jours qui me paraissent être une éternité. Et c’est une éternité, car petit à petit, les nouvelles tombent. Les informations sortent de façon inéluctable. Juste quelques éléments, bien entendu incomplets, concernant les évènements. Tremblement de terre, tsunami. Puis un réacteur dans une centrale à priori en difficultés. Puis trop de pression dans la centrale. Puis explosion d’un réacteur avec dégagement de fumée blanche. Ce serait de l’hydrogène, dont on ne sait si c’était de l »hydrogène normalement stockée dans le processus normal, ou de l’hydrogène créée involontairement du fait des graves problèmes de la centrale.

Nathalie Koscuisko-Morizet

Nathalie Koscuisko-Morizet

Un périmètre d’évacuation de 10 km, puis 20 puis 30. Un autre réacteur qui explose. Le problème serait le refroidissement. Un hélicoptère qui jette de façon dérisoire de l’eau sur le réacteur. D’autres réacteurs qui chauffent. Essai de noyade du réacteur avec l’au de la mer. Des ouvriers héroïques comme ceux de Tchernobyl qui luttent. Des pompiers spéciaux avec des canons à eau. Des canons à eau sur des véhicules spéciaux de militaires. Un drone américain, venu d’un porte avion je crois. Etc… Je m’en arrête là.

« On nous ment, on nous intoxique ! »

Mais je me souviens encore des interventions de Eric Besson et de Nathalie Kosciusko-Morizet qui nous ont réconfortés comme quoi, il n’y avait pas de danger. Il n’y avait pas de danger pour nous en France ni dans les Dom-Tom disaient-ils. Évidemment ! Mais là n’est pas la question. Là n’était pas la question. Y avait-il un risque pour le Japon et ses environs ? Le nucléaire est-il réellement maîtrisé comme cela nous est répété tout le temps ? Il ne s’agit pas de profiter de l’émotion du séisme et du tsunami, mais de reposer froidement et scientifiquement la question. Et c’est là que je suis amèrement déçu des réponses apportées par nos responsables, oui je dis bien responsables, politiques. Et en particulier Nathalie Kosciusko-Morizet que je croyais avoir quand même une conscience écologique. Non, les équilibres harmonieux naturels lui sont brusquement inconnus. Je reconnais que la discipline gouvernementale l’obligent à dire ce qu’il faut dire et non ce qu’elle devrait dire. Je n’irai pas plagier une politicienne retraitée maintenant qui aurait dit « On nous ment ! On nous spolie ! On nous contamine ! » au sens radioactif du terme bien sûr !

Arlette Laguiller

Arlette Laguiller

Engrenage inéluctable !

Et pourtant, il n’y a pas que Bruno Comby qui est ingénieur de l’École polytechnique et ingénieur en génie nucléaire de l’École nationale supérieure de techniques avancées de Paris qui s’y connait. La France, pour ne citer qu’elle a aussi beaucoup d’ingénieurs et scientifiques qui savent ce qui se passe réellement. Et les responsables gouvernementaux avaient de toutes les façons l’information, mais ont décidé, comme d’habitude de noyer le poisson, de mettre une chape de plomb sur l’information. Ah si on avait pu à la place noyer les réacteurs, ou mettre une chape de plomb, qui aurait empêché les fuites radioactives, cela aurait été bien !
Donc, Bruno Comby dit que « lorsqu’un réacteur n’est plus refroidi, le scénario est implacable : la température monte, jusqu’à un point où les matériaux autour du cœur fondent et libèrent de la matière radioactive« . Et il n’est sûrement pas le seul à savoir depuis longtemps que l’on s’orientait inéluctablement vers la catastrophe. Mot soigneusement, encore unbe fois évité il y a quelques jours. Oui, il nous avait été dit que ce n’était pas une catastrophe, ni un accident amis un incident, dans le sens un « léger incident ».

Anne Lauvergeon

Anne Lauvergeon

Contraints de tenir un autre discours ?

Maintenant, j’apprends que notre gouvernement Français a changé de ton. Pas trop tôt les gars ! Et les femmes aussi ! D’ailleurs, parlant de femme, que dit Anne Lauvergeon, présidente d’Areva ?  Eh bien elle nous dit « Nous sommes dans une catastrophe l’urgence est absolue. Il faut trouver tous les moyens pour amener de l’eau pour refroidir les réacteurs et les piscines« . Je suis, comme les députés, scotché ! Et l’on nous l’avait tout de suite dit ? Et comme un écologiste, je vais poser la question : « Et nous en France, avec tous nos réacteurs, combien en avons nous déjà, a-t-on réellement bien prévu les choses ? ». Bien entendu, je ne parle pas de tsunami, ce sera peu probable, mais a-t-on réellement anticipé toutes les éventualités ? Les éventualités de catastrophes naturelles ou autres ?

Nous devons oser prendre réellement les leçons du Japon. Pas seulement dire comme un perroquet « nous en prendrons des leçons », et jouer en réalité la politique de l’autruche. Seulement un mot. Les Japonais pourtant si méticuleux n’ont pas anticipé les effets d’un tsunami. Tsunami, faut-il encore le rappeler est un mot Japonais ! Et nous en France, a-t-on réellement pensé à tout ? Ceci est valable pour toutes les nations nucléaires du monde.

En fait, cet article aurait plutôt dû s’intituler « Nucléaire, catastrophe et communication merdique » non ?




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

Laisser un commentaire