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mar 11

Renault, l’espionnage, la victime et pas de coupables !

Carlos Goshn

Carlos Goshn

Un film sera peut-être fait un jour sur cette rocambolesque affaire d’espionnage chez Renault. Nous nous souvenons de toute cette histoire telle qu’elle était donnée en pâture au public en janvier. Dès ce moment là, je trouvais que les ficelles étaient plutôt grosses. Oui, à ce moment là, cette affaire d’espionnage chez Renault prenait déjà la trajectoire d’une affaire future. Et aujourd’hui, en mars, nous y sommes presque !

Un Président Directeur Général si sûr, si grave et si affirmatif !

Faut-il pour nous rafraîchir la mémoire citer des mots forts, durs et si assurés de M. Carlos Goshn en ce temps là ?

« La direction de Renault voulait être absolument sûre par une enquête interne de la gravité de l’affaire d’espionnage industriel qui a touché le groupe, avant de… » disait le charismatique, célèbre et emblématique PDG de Renault. « …pour nous forger une opinion sur la gravité de l’affaire », çà c’est dur comme fer, comme fer forgé ! (aucun rapport avec Mme Desforges hein :-D ). Toujours est-il qu’il m’apparaît que les propos n’étaient pas lancés en l’air comme çà de façon spontanée, mais que les mots ont été choisis avec soin. Donc préparés !

Je continue de citer le PDG, M. Goshn « J’ai suivi personnellement l’avancement de ce processus au fur et à mesure ». Bien entendu, il a été affirmé que « Le comité de déontologie, le service de sécurité du groupe et le management » avait des méthodes « des procédures très précises… ».

Nous avons aussi entendu au début que c’était parce-que Renault était en avance sur la technologie du véhicule électrique qu’elle était victime d’espionnage de la Chine. La Chine étant, ô combien encore en retard du point de vue évolution de la technologie et des mentalités écologiques par rapport par exemple à la Californie, je trouve que c’était irréaliste d’accuser un tel pays. Mais sûrement irréaliste et aussi dangereux. Et bien entendu, le président de ce bouc émissaire facile qu’est la Chine n’a pas tardé à manifester son indignation.

Je ne reviendrai pas sur ces comptes en Suisse ou au Liechtenstein. Mensonges ou affabulations si grossières que je ne peux me poser la question de savoir, mais qui est-ce qu’on prend pour des cons comme çà ? Rocambolesque ! Digne d’un film de Louis de Funes ! Ou d’une République Bananière !

Alors, pour conclure, Renault, le pauvre Renault et sa Présidence ont été victimes de la traîtrise de leurs salariés ! Les salariés apprécieront, surtout ceux qui triment pendant de longues journées de travail sous pression, depuis de si longues années, plus longues années que leur PDG !

Victime de traîtrise puis de manipulation

DCRI Direction Centrale du Renseignement Intérieur

DCRI Direction Centrale du Renseignement Intérieur

Maintenant que les enquêtes de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), de vrais professionnels et non des pieds nickelés avancent, on constate que les comptes en Suisse ou au Liechtenstein sont introuvables ! Si les cadres de Renault incriminés étaient réellement des trafiquants, ils se seraient faits virer l’argent dans une Banque Chinoise à Hong Kong ! Voire à Shanghai ! Ou même Beijing ! Et surtout, ils ne se seraient pas fait virer de l’argent, ni même n’auraient pas touché d’argent en liquide. Non, les cadres de Renault ne sont pas des dealers de cage d’escalier du 93 qui touchent l’argent liquide comme çà !

Il s’avère aussi que les tuyaux que M. Goshn se targuait d’avoir ne sont en fait que des pneus (pas Michelin) crevés ! Les secrets n’étaient pas des secrets de fabrication ou de conception des véhicules ou des batteries. Non, cela aurait été plutôt des informations sur le modèle économique. Mais ces informations sont connues du public économiste ! Le Figaro Économie, Les Échos, BFM Radio et TV nous décrivent en long et en large, délivrent publiquement à longueur de journée les analyses des modèles et enjeux économiques de tout dans notre monde. Alors, là, je dis qu’il y des paranoïaques qui se croient vraiment être le centre du monde !

Alors donc, la Présidence de Renault, après s’être déclarée victime de la traîtrise de ses salariés qui ont été fidèles à leur entreprise depuis des décennies, salariés qui ont vendu des secrets à des Chinois, encore à l’ère du charbon encore inexploité chez eux, se retrouve à nouveau victime.

Patrick Pelatta

Patrick Pelatta

Oui, disait ce pauvre M. Pelatta, « nous reconnaissons avoir peut-être été victime d’une manipulation » !

Toujours les autres ! Jamais coupable !

Vraiment, on se fait mal en tombant de l’armoire ! La Présidence de Renault si sûre d’elle, si impérative dans ses accusations et envers la justice qui « n’a plus qu’à faire son travail », c’est à dire, je lis entre les lignes, qui n’a plus qu’à arrêter les lampistes et les condamner. Et le public de lyncher ces boucs émissaires !
La Présidence de Renault donc s’est trompée. Et plutôt que de dire « Nous nous sommes au bout du compte trompés », maintenant elle accuse d’autres personne d’avoir fait de la manipulation.

La haute, très haute hiérarchie de Renault aurait dû maîtriser ses équipes, dû contrôler ses services, dû s’assurer que le travail « suivi personnellement » était bien fait. C’est une erreur de management, une grave erreur de management car des services « personnellement suivis au fur et à mesure » en fait racontaient des bobards et faisaient du cinéma.

Non, plutôt que de dire que ce n’est pas la faute de la Présidence de Renault mais de celle de manipulateurs et de trompés, M. Goshn devrait dire « Moi, PDG, responsable suprême, qui ai suivi personnellement l’affaire, je me suis trompé ». Et cette erreur, c’est une erreur de management. Et d’ailleurs, pas qu’une mais un amas, un amoncellement de fautes de la part du manager. Et pas autre chose, quels que soient les péripéties que nous ne manquerons pas de découvrir au fur et à mesure de ce roman.

Et ce n’est pas la tête de ce pauvre M. Pelatta qui y changera quoi que ce soit. Regardez un peu la tête de ce pauvre lampiste, qui va payer pour son roi ! Regardez un peu la tête de cet innocent qu’on va envoyer se faire brûler au charbon. Charbon Chinois bien sûr !




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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