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Juin 27

Drucker et les chiffres

Drucker a dit qu’il n’était pas possible de faire du management sans chiffres. D’abord, le Drucker en question, ce n’est pas Michel que j’adore, mais Peter, qui a beaucoup écrit sur le management.

Chiffrer l’immatériel

Ce qu’il dit semble être une évidence, mais parfois je me pose des questions. Par exemple, dans les relations humaines, que peut-on réellement chiffrer ? Bien entendu, cela nous fait penser au fameux « Combien tu m’aimes ? ». Il est vrai que parfois, nous sommes un peu gênés pour trouver à chiffrer les choses. Surtout les choses non physiques, non matérielles comme l’amour, le vrai, par exemple.

Ce qu’il faut donc c’est chercher à matérialiser ce qui est immatériel. En laissant un peu tomber les sentiments amoureux, nous pouvons prendre un autre exemple : la santé.

Des indicateurs pertinents et circonstanciés

Sommes nous en bonne santé ? Oui, non, peut-être. Pour le chiffrer, nous pouvons dire, que notre tension artérielle est de 9-13 par exemple. Que nous pesons 90 kg. Bien entendu, il faudra donner quelques détails circonstanciés de la mesure. Par exemple, « le matin à jeun ».

Ainsi, une information, une notion qui est floue, immatérielle peut être criblée, quadrillée par des indicateurs. L’art est de trouver les indicateurs les plus pertinents et que l’on peut avoir.

Évolution des chiffres et objectifs

Ainsi, dans le domaine de la santé toujours, ou plutôt de la forme d’ailleurs, il ne nous est généralement pas possible de savoir quelle est notre masse musculaire, et celle de notre masse graisseuse. Mais nous pouvons mesurer notre capacité à faire un footing, le temps que nous mettons pour faire un trajet déterminé. Et ce qui est important à la limite, ce ne sont pas les chiffres dans l’absolu, mais l’évolution, ou la non évolution des chiffres. Tout dépend de nos objectifs.

Trois chiffres significatifs

Mais tous les chiffres ne sont pas pertinents. Par exemple, dire que je pèse 90,354 kg n’a pas de sens. Là, il y a trop de chiffres significatifs. Avons nous une balance qui pèserait les 90 kilos à un gramme près ? Sûrement non, et notre poids variera dans le temps. Même à cette précision, dans la journée. Il sera largement significatif et pertinent de dire que l’on pèse 90,3 kg. Et encore, c’est très précis ! Je pense que trois chiffres significatifs, c’est l’idéal. Exemple, 90,3 kg, ou encore 37,2°, etc.

Données physiques

Combien tu m'aimes ?

Combien tu m'aimes ?

Ensuite que mesurer ? Seulement des données physiques. Je veux dire des données au sens des sciences physiques. Dans cette science, il n’y a je crois que quatre données physiques facilement accessibles :

  • Les poids ou les masses que nous pouvons mesurer avec les balances.
  • Les longueurs, ou les distances que nous pouvons mesurer avec des mètres, des règles  et des outils de ce genre. D’ailleurs, les superficies, tout comme les volumes ne sont que des produits de longueurs.
  • Le temps, que l’on mesure en secondes, ou en minutes, heures, jours, années, siècles etc. Nous avons nos montres ou des chronomètres à notre disposition.
  • Les températures que l’on peut mesurer avec les thermomètres.

Ensuite il y a d’autres données physiques que seuls les experts sauront mesurer : L’intensité électrique qui se mesure en Ampères, La quantité de matières qui se mesure en moles (renseignez vous auprès de votre professeur de physique),et l’intensité lumineuse, dont l’unité est le candela. Ces données sont moins accessibles car elles nécessitent des matériels peu courants pour leur mesure.

Mais déjà avec nos quatre données de base, nous pouvons en tirer beaucoup. Par exemple, la vitesse découle d’une combinaison de longueur et de temps. Une densité est une combinaison de masse et de longueurs, en l’occurrence le volume. Volume lui même déjà combinaison, voir produit de longueurs.

La valeur monétaire

Une dernière information qui n’est pas physique, c’est la valeur monétaire. Parmi toutes les valeurs que nous avons à disposition, les plus fiables sont les chiffres de ventes et de dépenses. Ce sont des chiffres constatés. Dire que j’ai fait un chiffre d’affaires de 215.392 Euros, c’est un chiffre fiable, car en réalité il découle d’un constat physique. De même, j’ai dépensé 204.894 Euros est fiable. J’ai acheté cette voiture 15.550 Euros, est fiable. Dire que cette voiture vaut 15.550 Euros est moins fiable. Par contre ce qui est vrai, c’est que cette voiture valait 15.550 Euros quand je l’ai acheté, c’est fiable. C’est un constat du montant que j’ai accepté de débourser pour en prendre possession, et c’est ce même montant que son ancien propriétaire a accepté de prendre en échange de ce bien.

Alors, dire que mon immeuble vaut 3.500.000 Euros a peu de sens. Du moins, tant que je ne réalise pas l’opération de vente. Réaliser signifiant ici, réalisation complète et réussie. Paradoxalement, dire que l’action Renault vaut 57,32 euros peut avoir un sens. En réalité, il faut dire cette action a été cotée à 57,32 Euros à 16h26 ce 27 juin 2011.

Conclusion : Les valeurs monétaires ne sont fiables que si elles sont basées sur des échanges effectifs, présents (ou des promesses fermes) ou passés. Et non futurs éventuels.

Les valeurs d’inventaires

C’est aussi un autre type de donnée que nous avons à notre disposition. Exemple, 235 oeufs. 61 millions de Français. etc. Il s’agit d’inventorier des éléments qui sont repérables sans ambiguïté. Des œufs, nous savons ce que c’est. Des Français aussi. En cas de doute, il faut préciser les termes.

Ainsi, quand on entend Français, cela peut être, sans que cela soit limitatif:

  • Les personnes résidents à l’intérieur des frontières de la France Métropolitaine
  • Les personnes ayant la Nationalité Française, quelle que soit leurs lieux de résidence
  • Les personnes de sexe masculin qui résident en France.

Indicateurs pertinents

Il faut dire que nous pourrions mesurer n’importe quoi à profusion. La vérité est que nous devons mesurer ce qui correspond à nos objectifs. Ou à notre objectif. Et de voir, comment peut-on avoir une idée, matérielle de notre rapprochement ou de notre éloignement de cet objectif. Et ce qui se passe c’est que les indicateurs que nous pouvons choisir peuvent ne pas être assez pertinents. Il s’agit alors de trouver les indicateurs pertinents par une approche itérative. Mais dans la plupart des cas, les indicateurs sont évidents, voire même normalisés. Tel est je crois le cas de la comptabilité.

Tout commence par l’objectif

Ce que nous voyons aussi, c’est qu’il ressort une notion qui est si chère aux mentalités américaines, c’est que tout commence par les, ou l’objectif. Ce qui est important, c’est la définition, et je crois la formulation effective noir sur blanc de cet objectif. Aussi évident soit-il. D’ailleurs, est-il si évident ?

 




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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