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Avr 23

Sarkozy, pas en première position

Premier et Deuxième Tour - Présidentielles France

Premier et Deuxième Tour - Présidentielles France

Nicolas Sarkozy n’est pas en première position. C’est l’une des deux informations notoires à mon sens suite à ce premier tour de l’élection présidentielle de France. L’autre information est que Marine Le Pen est bel et bien installée, certes sur la troisième place, mais sans aucune contestation possible, sur ce podium. En effet Mélenchon et les autres sont loin derrière.

Président sortant en deuxième position

L’on pourra toujours nous dire, que Hollande et Sarkozy sont très proches, du point de vue score. Oui, mais ceci n’est pas normal. Ce n’est pas normal car le candidat sortant habituellement en France est toujours en première position. Et de loin. Alors en ce mois d’avril 2012, le comble est que non seulement le président sortant n’est pas de loin en première position, mais de surcroît il est en deuxième position. Bien entendu, l’on me dira aussi, « mais tout a un début ».

Tout a un début

Effectivement, tout a un début. Il y a un certain temps, un certain Michel Rocard avait dit qu’en France, aucun Président ne pouvait être réélu. Le concerné étant François Mitterrand. Eh bien, ce dernier au bout de sept ans s’est quand même fait réélire. Et pourtant, sept ans, que c’est long ! Lapalissade monstrueuse, sept ans, c’est plus long que cinq. François Mitterrand avait vraiment eu le temps de nous user et de s’user au pouvoir !

Tout a un début toujours : Qui aurait pu imaginer qu’un électeur Français sur cinq voterait pour le Front National ? Beaucoup secrètement espéraient depuis des années que cela n’arriverait jamais. Eh bien jamais n’existe pas. Pour plagier un peu, je dirais, « Ne dis jamais jamais ! ».

Non réélection du Président au bout de cinq ans

Et il semblerait que pour la première fois, contrairement à la logique, un Président Français ne serait pas réélu au bout de cinq ans seulement. Bien entendu, le suspense restera jusqu’au deuxième tour, et les faits pourraient revenir à la logique. Nicolas Sarkozy serait réélu président des Français pour cinq autres années. Mais si cela arrive, ce serait, non pas le résultat d’évènements et d’actes de ces cinq dernières années, ce serait les résultat d’une campagne électorale de deux semaine qui serait exceptionnelle. Je pense que le candidat Sarkozy peut le faire.

Mais que s’est-il passé ? A mon sens, c’est que l’homme élu Président de la République Française en 2007 a fait des erreurs politiques. Ce sont des erreurs politiques de niveau présidentiel. Et je crois qu’il n’y en a globalement que deux.

Erreurs de communication

D’abord, au tout début de son mandat, il a fait des erreurs ce communications, de positionnement, d’image. C’est le Fouquet’s, c’est d’être tout de suite vu sur un Yacht, La montre Rollex et d’autres choses encore que je nes détaillerai pas ici. Le fait est que tout cela ne fait pas populaire. La très grande majorité de Français ne s’identifie pas à cela. Cela fait plutôt allusion à une certaine élite, ou plutôt à une catégorie de personnes favorisées. Favorisées mais non méritantes. Je ne parlerai pas de l’épisode de Jean Sarkozy, étudiant de 22 ans en premier cycle universitaire favori pour être Président de l’EPAD. Nous nous croirions dans certains pays d’Afrique ou en Corée du Nord. Pour corser le tout, l’impression laissée est celle d’un Nicolas Sarkozy, enfant gâté, ayant accédé à un poste de pouvoir en profite pour assouvir ses caprices. Stop ! Je m’en arrête là.

Erreur de positionnement politique

La deuxième chose est une erreur de positionnement politique. Certes, l’homme est plein d’énergie, a sûrement « trente mille volts ». ON nous a dit qu’il était un hyper-président. Je ne suis pas d’accord. Il n’était pas vraiment Président. Il était plutôt super premier ministre. Super premier ministre et un peu Président. Et dans la cinquième République, les Présidents ne s’usent que peu. Les Présidents doivent durer. Ils doivent avoir une vision, une politique à long terme. Ils doivent être au dessus du lot. Le Président Français est comme on dit souvent le Président de tous les Français. Même si ces expressions ont été usés jusqu’à la corde, ils sont et doivent être vrais.

Nicolas, super Premier Ministre

Alors, notre Nicolas, plutôt que de jouer le rôle de Président a plutôt voulu jouer le rôle de Premier Ministre. La preuve, il s’est approprié La Lanterne, résidence du premier ministre dans la parc de Versailles. Il a choisi comme Premier Ministre, François Fillon qui aura surtout brillé par son effacement 😉 . Les premières années d’une mandature servent à réaliser les réformes, les grands projets qui peuvent mécontenter une partie de l’opinion. Mais les réalisateurs de ces projets ne doivent pas être le Président, si on tient compte de l’esprit de la cinquième. Non, les réalisateurs sont les Premiers Ministres. Qui doivent faire le travail en deux ans environ. Qui vont s’user, user le public aussi. Tous les Premiers Ministres nous ont tous « gonflés ». Qu’ils aient été de droite ou de gauche d’ailleurs. De cohabitation ou pas non plus d’ailleurs. Le seul dont nous n’avons pas marre, c’est François Fillon. Il y a un début à tout ! François qui dites vous ?

Fillon, le discret

Et pour continuer sur cette lancée, le fidèle et discret François Fillon aurait dû être remplacé au cours du quinquennat. Nicolas Sarkozy semblait avoir compris qu’il devait plus se présidentialiser. Ah bon, parce-qu’il n’était donc pas assez Président, alors qu’on disait qu’il était Hyper-Président ? Certes Sarkozy s’est habillé de costumes plus sombres avec des chemises blanches. Certes il a préside des cérémonies plus solennelles. Mais il est toujours resté Super Premier Ministre. Et jusqu’à aujourd’hui, un premier ministre en fin de mandature présidentielle n’a jamais été élu Président par la suite. A moins que ce soit encore une fois on me dise « Tout a un début ! »

Nicolas Sarkozy peut nous le faire

Pour que ce début arrive, il faudrait à mon avis que Sarkozy fasse oublier qu’il est un sortant. C’est à dire faire oublier aux électeurs son passé récent. Faire oublier son bilan. Il faudrait aussi qu’il dise que les problèmes d’aujourd’hui, que les échecs ne sont pas de son fait. Qu’il attire l’attention des électeurs sur ses promesses nouvelles. Que tout le monde regarde devant et oublie le passé récent. Il faudrait qu’il paraisse neuf, comme un challenger, primo-accédant éventuel au pouvoir. A la limite qu’il fasse croire que le sortant est François Hollande et que c’est lui l’opposant au sortant. Mission impossible ? Sûrement pour le commun des mortels, mais je crois que lui, monsieur « trente mille volts », Nicolas Sarkozy peut le faire. Sa personnalité me paraît adéquate pour ce genre de défi. Après, va-t-il gagner ?

Nous allons vivre une quinzaine passionnante entre les deux tours !




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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