«

»

Oct 01

Florange, ArcelorMittal, mais c’est plié !

ArcelorMittal

ArcelorMittal

Florange va être fermé !

Comme si on était surpris, on crie ceci bien fort avec des têtes effarouchées. Mais vraiment, qui aurait pu penser que ce qui restait de la sidérurgie Française allait subsister  ? Mais quelle est donc cette schizophrénie ? Depuis le grandes catastrophes de la sidérurgie du début des années 1980, il ne faut pas être grand clerc pour savoir que c’est fini. C’est fini en France. Bien sûr, nous le regrettons. Bien sûr, nous aurions voulu vive éternellement le rêve de juste après guerre d’une France puissante de sa sidérurgie et de son charbon. Mais tout çà c’est du passé. Nos regrets, bien compréhensibles ne doivent pas nous enlever un minimum de lucidité.

Centre d’excellence des Aciers

« La Lorraine, centre d’excellence des aciers », c’est ce qu’on nous balance maintenant. Comme une bouée de sauvetage lancée éperdument. Langue de bois, langue de bois ! Mais n’avez vous, n’avons nous pas de mémoire ? Cela a déjà été dit du temps d’Usinor. L’on nous avait dit qu’Usinor va se concentrer sur l’acier de haute qualité. Que l’acier de basse qualité, merdique pouvait aller en Inde, cela nous importait peu. Tout cela, ce n’étaient que des discours lénifiants. Des discours pour nous faire avaler la pilule. Ou le suppositoire. La vérité est que pour de multiples raisons, l’acier, la sidérurgie n’est plus viable en France. Ne nous rendons nous pas compte que Arcelor Mittal, numéro un mondial de l’acier dirigée par un industriel d’origine Indienne ? Que M. Lakshmi Mittal a commencé sa vie industrielle il y a peu de décennies de cela qu’à la tête d’une seule usine en Inde ?

Des pays post-industriels

Oui, le dilemme est que nous n’acceptons toujours pas que La France fait partie des pays post-industrialisés. Est-ce inéluctable ? Je n’en sais rien. Mais toujours est-il que c’est la situation depuis probablement le milieu des années 70. La descente est lente, mais elle suit implacablement son chemin. L’industrie ne fait plus rêver en France, les données macro-économique et mondiales ne sont pas favorables. Et puis réellement, qui s’en est préoccupé de façon sérieuse ? Les BRIC s’industrialisent, consolident ou réinventent leur industrie. Nous, nous sommes en train de découvrir que au bout du compte, nous en avons peut-être encore besoin. Et, je me permets de poser la question de savoir si on en est réellement persuadé.

L’usine est rentable !

« Il ne faut pas fermer l’usine ! » entends-je crier. « Il ne faut pas la fermer ! Elle est rentable ! Elle fait des bénéfices ! ». Je veux bien croire ce qu’on voudra. Mais là où le bas blesse très fort, c’est que ce sont des syndicalistes qui disent çà. Sont-ils compétents pour dire qu’elle est rentable ? Est-on capable de prouver qu’une usine est rentable en dehors des considérations plus globales ? C’est à dire, au niveau du groupe industriel et capitalistique dans lequel est cette usine ? Et même en dehors de considérations macro-économiques internationales ? Car l’acier est une industrie lourde. Et ce sont des groupes mondiaux qui comptent. Qui sont logiques.

Enfin, ce n’est sûrement pas à un syndicaliste de dire si une usine est rentable ou pas. C’est à des financiers, des gestionnaires. Et c’est aux capitalistes de savoir. Ceux qui vont investir.

Nationalisez l’usine !

Certes, le gouvernement est de gauche. Et il semblerait même que le ministre du redressement productif est à gauche du parti socialiste. Sauf que l’on ne va pas nationaliser comme çà une usine comme çà. On ne va pas user les économies des contribuables comme çà. S’il fallait le faire, il faudrait que çà rentre dans un cadre global. Un cadre cohérent. Mais aujourd’hui, dans le cadre de l’endettement de la France, il n’y a pas de plan cohérent de nationalisation de ceci ou de cela. Au contraire.

Ouvrez les yeux !

Ne faites pas la politique de l’autruche. Ouvrez les yeux. La sidérurgie, c’est fini depuis longtemps en France. L’acier s’est déjà envolé ailleurs. Et ce qui resterait partira tôt ou tard, mais partira. Sauf bien entendu si l’on recrée une industrie comme en 1945. Mais est-ce raisonnable de revenir de façon aussi nostalgique en arrière ? Et est-ce possible d’ailleurs ? Moi je propose que nous regardions plutôt vers l’avant. Que nous inventions cet « avant », dans les sens « devant » bien sûr. Que nous inventions le futur. je sais, c’est difficile. C’est si difficile d’imaginer ce qui n’existe pas encore, et c’est si facile de rêver de ce qu’on a déjà vécu. N’est ce pas ?

Tiens, lisez un peu ceci :

La sidérurgie française, 1945-1979. L’histoire d’une faillite. Les solutions qui s’affrontent

 




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

Laisser un commentaire