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Déc 24

Les devoirs et les passions

Devoirs et PassionsLes devoirs et les passions, conflit éternel. Qu’est ce qui réellement doit l’emporter ? Comment bien comprendre les enjeux de ces deux ennemis.

Les devoirs

Ce sont des choses que l’on doit faire. C’est une lapalissade. Nous devons les faire pour deux raisons principales :

  1. Nous avons besoin de quelque chose d’autre en échange.
    1. Ainsi, nous devons aller au boulot pour avoir de l’argent. Sous forme de salaire. Le boulot, ce n’est souvent pas une passion pour beaucoup. C’est un devoir. Même si de ci delà, j’ai vu des écrits qui essayent de nous persuader que le boulot, c’est la santé, c’est le bonheur, etc. Je ne citerai ici que Coluche qui disait dans un de ses sketches « c’est pas de boulot qu’on veut, c’est de fric ! ». En effet, si on avait du fric sans avoir à travailler, et bien on choisirait bien entendu le fric. Par contre, si on choisissait de travailer sans être rémunéré, eh bien ce ne serait justement plus du travail.
    2. Nous verrons çà un peu plus loin. Et le travail souvent c’est dur. Parce-que ce n’est souvent pas ce qu’on aurait choisi spontanément. La réalité est un équilibre entre ces deux extrêmes. On essaye de trouver un travail pas trop désagréable, avec des contraintes que l’on est prêt à accepter et suffisamment bien payé, sous forme pécuniaire ou sous une autre forme.La spécificité du travail, c’est qu’il s’agit d’une interaction avec autrui. Il s’agit d’un commerce.
  2. Nous savons que nous devons personnellement investir dans un domaine.
    1. Là, il ne s’agit plus d’un commerce, car on est seul avec soi-même. A un moment donné, lorsque nous sommes suffisamment autonomes, nous nous disons par exemple, « je dois étudier tel domaine ». Nous sommes dans cette situation quand, après réflexion, donc étude de l’environnement, nous avons décidé d’investir. Investir du temps, de notre temps individuel pour un bénéfice futur. En fait, là, nous sommes en situation de commere à deux étages. D’abord, nous nous vendons à nous même, pour ensuite nous vendre à d’autres.
    2. Donc dans cette première étape, nous nous disons que nous astreignons à une certaine discipline, allons consacrer du temps à nous former par exemple, pour devenir compétent. Une partie de nous mêmes achetons cette compétence à l’autre partie qui lui vend. La partie de nous mêmes qui avons cette compétence vendra ensuite à autrui cette compétence. Et le fruit de ce commerce, sera ensuite donné à la partie de nous mêmes qui aura donné de son temps.
    3. Mais donner de son temps comme çà, n’est jamais agréable. Pour faire passer la pilule, nous sommes obligés d’effectuer un effort de raisonnement. De visualiser à nouveau l’ensemble pour nous dire que « çà vaut le coup ». Et peut-être même que « çà vaut le coût ». Le problème des devoirs, c’est que le bénéfice n’est jamais immédiat.

Et là, je n’ai pas parlé de contraintes extérieures, telles que des moyens de coercitions physiques ou psychologiques.

Les passions

Je choisis le mot passion plutôt que loisir par exemple. En Italien, « passione » porterait un sens qui est aussi un peu subi. Nos passions, ce sont des choses qui nous intéressent, bien entendu, mais qui portent aussi une force en eux.

Tout d’abord nous sommes poussés  à assouvir nos passions. Nous essayons toujours de nous raisonner pour y résister. Car nous avons mauvaise conscience avec nos passions. Nous nous disons que « nous ne devrions pas ». « Il y a des devoirs qui nous attendent », ou encore « mais ce n’est pas rentable », dans le sens çà ne sert à rien.

Regardons un peu ce qu’il en est de chacun de ces deux cas :

  1. Les passions déraisonnables sont des passions qui ne sont pas cohérentes avec nos contrats sociaux. C’est à dire, les contrats avec nos proches ou avec les autres membres de la société en général. Passionné de vitesse sur route ? Nous savons bien que c’est répréhensible, immoral et tout çà. Mais c’est une passion. Heureusement, la plupart de nos passions ne sont pas aussi criminelles que çà. La plupart ne sont que tout simplement inutiles. Socialement inutiles, c’est à dire qu’elles ne rapportent rien. Et en particulier, pas d’argent puisque justement c’est l’argent qui est la principale monnaie d’échange dans nos sociétés.
  2. L’autre type de passion est peut-être plus sournoise.
    1. En effet, le premier type ci dessus est assez efficacement combattu par la société. Cette dernière a de bons moyens de coercition, tels que des scènes, des amendes voire des peines d’emprisonnement. Là peut coûter cher !
    2. Les passions sournoises agissent dans le secret de notre intimité. Des choses que nous voulons faire qui sont en opposition avec les contrats que nous avons signés par ailleurs. En opposition avec des devoirs. Et en particulier avec des devoirs que nous devons réaliser selon nos propres objectifs d’investissements. La difficulté est que nous n’avons que peu de moyens de nous réprimer nous mêmes.
    3. Par exemple, nous voulons absolument regarder ces vidéos YouTube sur les principaux fails de l’année écoulée, alors que nous avions prévu maintenant même d’apprendre les chiffres sur l’évolution de la culture des cotylédons au XIXe siècle. Chacun de nous aura son cas de choses que nous avons tant envie de faire, que nous faisons alors que nous savons bien que nous devrions faire autre chose.

Les passions ont l’avantage de nous donner satisfaction immédiatement. Et de nous donner cette satisfaction à notre « moi » véritable. Et non à l’autre moi en nous qui a calculé un bénéfice futur pour notre moi véritable, ou encore à des personnalités extérieures à nous mêmes qui nous donneraient en échange de l’argent, qui nous permettra enfin d’avoir le bénéfice véritable.

Pour conclure, je citerai ce sage Chinois qui a dit un truc de ce genre : « le meilleur moyen de n’avoir jamais à travailler, c’est de faire un travail qui te plait ». Personnellement, je n’ai jamais réussi à trouver un travail qui à la fois me plaise et qui paye. Et vous, l’avez vous trouvé ce travail ?

 




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

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