«

»

Jan 02

La zone de confort, l’accoutumance et l’effort

Confort

Confort

La vie commence lorsque l’on sort de sa zone de confort, semblerait-il. L’effort devient alors le lot quotidien. L’accoutumance pondère tout çà. Et on revient dans une zone de confort. Tout cela a-t-il réellement un sens ?

Zone de confort

La zone de confort c’est l’endroit, le moment ou la situation où on se sent à l’aise. Par exemple dans son lit, prêt à s’endormir. Ou encore au moment où on est en train d’exécuter quelque chose que l’on connait très bien. Pratiquement un automatisme. Bref, des situations où on est à l’aise. Dans ces situations, il n’y a pas de danger qui nous menace. Un enfant dans sa zone de confort est protégé par sa mère et son père. Nous cherchons une zone de confort en étant chez nous. A la maison ou dans notre pays. Ce pays étant souvent quand on a vécu des moments malheureux, notre pays d’origine. Du moins, c’est comme çà dans notre tête. C’est la nostalgie idéalisée de son enfance dite heureuse. Dans le domaine professionnel, c’est la pratique d’activités qui font appel à des compétences que nous avons déjà très bien assimilées. Dans un environnement qui n’a plus de secrets pour nous. Quand nous sommes dans notre zone de confort, nous n’avons aucune contrainte, ni défi extérieurs, et nous pouvons assouvir facilement chacun de nos besoins internes. Les besoins physiologiques.

L’effort

Ainsi la vie commencerait-elle lorsque l’on

  • quitte le cocon familial, et surtout parental ?
  • émigre du pays de son enfance ?
  • sort de son lit ? 
  • pratique une activité professionnelle que l’on ne maîtrise pas ?
  • évolue dans un environnement inconnu ?
  • vit sous la contrainte ?
  • s’adonne à la diète ?

Tout ceci m’étonne. Ce n’est pas une vie çà. C’est ce qu’au moins une bonne moitié de la population pense à mon avis. Pourtant beaucoup d’entre nous ont fait ou font encore ces efforts là. Et je pense surtout les jeunes et les adolescents.

  • Oui les grands adolescents aspirent à un moment donné à quitter leurs parents. Pourquoi cet effort ? Pour ne plus entendre les « fais ci, fais çà » et surtout les « fais pas ci, fais pas çà ». Aussi pour pouvoir vivre librement et pleinement leurs amours extrêmement sincères et forts d’adolescents.
  • Les jeunes quittent le pays de leur enfance, ou à un degré moindre leur village pour essayer de trouver un avenir meilleur. Ils font le calcul que les potentialités locales sont faibles pour eux. Ils investissent alors dans un voyage vers une « terre promise ». Cet « exode » leur coûte un effort considérable mais ils paient avec l’espoir de vivre une autre vie que leurs parents dans leur zone ingrate.
  • Les adultes se mettent à la diète, ou plutôt s’astreignent à une certaine « hygiène de vie ». Il s’agit de ne pas satisfaire en totalité toutes ses exigences physiologiques, qui sont de toutes les façons toujours inflationnistes. Pour garder leurs forces physiques et intellectuelles, les adultes censurent leurs envies internes. Il s’agit d’actes volontaires, calculés. « Je fais du sport et surveille mon alimentation pour rester fort et ne pas devenir un gros estomac sur pattes ». Pourquoi ces efforts ? A cause de la compétition. Un adulte doit rester fort, sinon il se fait écraser par les autres, qui le pousseront à disparaître. Conclusion : Nous faisons des efforts sous l’effet de deux forces. Nos congénères et notre instinct de survie.
  • Évoluer dans un environnement inconnu ? Je ne traiterai de ce sujet que partiellement en parlant des voyages. Certains d’entre nous visitent des pays exotiques, donc par définition inconnus. Oui, mais ces visites se font dans le cadre de vacances. Désolé mais l’on ne sort pas ici de sa zone de confort.

Je vais terminer que je n’arrive pas à classer dans les efforts volontaires :

  • Notre environnement professionnel nous demande souvent de travailler au delà de nos compétences. Ce n’est jamais un plaisir car totalement inconfortable. Nous sommes sous la double menace de licenciement. Soit par insuffisance d’efforts, soit par faute professionnelle.
  • Pour de multiples raisons, nous pouvons nous retrouver en mission dans un endroit exotique. La plupart du temps, ces endroits ne sont pas des lieux de vacances. Nous sommes contraints de vivre avec des inconnus de culture très différente de la notre, ou dans un désert sibérien ou saharien, ou dans une ville dont la superficie vitale de chacun est limitée à quelques mètres carrés…
  • Dans un dictature politique, ou religieuse ou d’une tout autre nature que je ne devine pas ici.
  • Dans la famine tout simplement.

Bref dans tout çà, je ne vois que des contraintes, et rarement des actes réellement voulues, sauf si on est masochiste bien sûr !

L’accoutumance

Ce qui console dans ce tableau sombre, c’est l’accoutumance. Cette chose naturelle qui fait que les souffrances peuvent devenir moins mortifères au fil du temps. Beaucoup de personnes dans les dictatures, au bout de quelques années la tolèrent. ‘Ils se sont fait une raison ». Cela leur fait moins mal, voire cela leur fait une « sécurité » dans laquelle ils ne sont pas responsables, donc non comptables. De même, au bout de quelques années dans un pays d’exil, nous pouvons nous sentir comme chez nous.

De l’autre côté, à un moment donné, nous sommes bien contents de manger à notre faim. Mais le phénomène d’accoutumance fait aussi que notre système digestif, pour ressentir le même plaisir va en demander plus. Ce qui va nous obliger à plus d’efforts.

Bref, c’est un cercle sans fin.

Régulation

Pour finir, moi je pense que tout çà est difficile à comprendre. Je suis tout à fait incapable de savoir si je suis actuellement dans ma zone de confort ou pas. Je ne sais pas si pendant que je réfléchis et vous écrit ici je sors de ma zone de confort. Faudrait-il que je me taillade mes veines pour sortir de ma zone de confort ? Mais si c’est le cas, pourquoi, pour quoi, pour quoi faire ?

Non le vrai sujet pour moi est le suivant : Y a-t-il quelque chose qui me fait si mal que çà va me pousser à agir ? Ai-je une si grande envie que je décide d’en définir des objectifs intermédiaires et finaux à réaliser ?

Bref, seule une contrainte extérieure ou intérieure me poussera à sortir de ma zone de confort. Sinon, je resterai comme une larve dans mon cocon. Et à un moment donné, la faim me poussera à sortir du cocon et probablement du bois pour chasser.

Et pour vous, la vraie vie commence quand ?

 

 




PS : Vous souvenez vous aussi de cet article ?

Laisser un commentaire